16 août : 2 mois déjà
Nous voilà en route pour la Bretagne. La Côté de Granit rose. C’est là que tu passais tes vacances ado. A Pleumeur-Bodou. Mais ce n’est pas la mer que nous allons voir. C’est ton reposoir. Cet endroit où siègent tes cendres. Mon Prince. Mon roi. Depuis ton départ pour le très Haut, il y a 2 mois, nous passons par tous les états. Du sourire aux larmes. De la colère au soulagement. De l’angoisse à la paix. J’ai vu ta mort de si près. Ce silence quand ton cœur a ralenti, quand ton souffle s’est fait si petit et si doux. Ce silence. Tous autour de toi nous savions. Nous avons senti que le moment était venu. Sans mot dire. J’ai vu ta mort de si près. Et après ? Cette question m’a tellement remuée, que j’ai eu envie de lire deux livres sur l’après vie. Pour savoir, pour me rassurer, pour comprendre ce que tu as vécu au moment de partir. Depuis cet au revoir à la Terre, tu n’as cessé de nous envoyer des signes. Pleins d’humour à chaque fois. C’est bien toi ! Il y a cette chanson que le maître de cérémonie a diffusé au moment de ta mise en bière. “Another Day to paradise” de Phil Collins. Maintenant, elle jalonne mon chemin, comme un clin dieu de ta part. Tu veilles bien sur nous, tu nous protèges. Notre ange gardien. Et je sais que là haut, tu vis aussi ton propre chemin. Dans un état modifié. Petit papillon du ciel. Deux mois déjà. Et notre coeur pleure d’amour pour toi.
Vous l’entendez, vous aussi ? Vous l’entendez ce silence qui étouffe tous les bruits ? Mon Prince s'en est allé, sans son fauteuil électrique. Tout l'univers est suspendu. La terre retient son souffle. Nous aussi. Il va falloir du temps avant que nos cœurs se réchauffent. Lionel, mon lion. De quel courage tu as su faire preuve, de quelle force ! J’entends encore tes rires… on avait toujours l’impression que tu pleurais de rire. Comme un enfant. Tu as toujours été le plus beau des hommes. Tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Tes yeux. Tes yeux me manquent. Ton cou. L’odeur de ton cou si singulière où j’aimais tant me blottir. Toi avec ta fille bébé couchée sur ton torse. Toi avec Lucie partant en virée au Café du Commerce. Mes fiers destriers. Et toujours cette classe, cette élégance, cet humour Gestin, malgré ce corps qui te lâchait. Quelle leçon de vie ! Quelle chance nous avons tous eu d’être touchés par ta lumière ! “Il faut savoir raison garder”, qui n’a pas entendu ta phrase fétiche ? Alors, je ne sais pas s’il y a un après, mais je crois qu’il y a un après. Quel qu’il soit, il est paisible, il est doux, il est serein, il est amour. Je te sais avec ta mère. J’entends le bruit des vagues. Je t’aime. Lucie t’aime. Nous t’aimons tous.



